24 mars 2006

Micheline et André (mes parents)

Née le 1 juillet 1927, Micheline est arrière petite fille, petite fille et fille de boulanger. Son père, Raymond Aubé était installé rive gauche, à l'angle des rues Louis Blanc et Masseot Abaquene, à deux pas de l'Ecole Normale. Raymond avait un frère, Daniel, également dans la "boulange", mais qui lui exercea rive droite, dans un quartier chaud de Rouen, à l'angle de la fameuse rue des Cordeliers et de la rue des Charrettes.
Micheline a eu deux soeurs Rolande et Christiane. Toutes les trois fréquentèrent l'école Marie Curie, rue Saint-Julien, où elles passèrent leur certificat d'études.
Elle le confie volontiers, Micheline a eu une jeunesse heureuse ponctuée de vacances à la campagne, mais aussi de rencontres, comme celle d'un nouveau mitron recruté à la boulangerie familiale en 1937. Un jeune commis qui a pour nom André Raimbourg, qui fait bien rire Micheline et ses sœurs dans ses moments de détente entre deux livraisons et qui deviendra célèbre quelques années plus tard, après avoir quitté la rue Louis Blanc, sous le nom de Bourvil.
Nous arrivons en 1939, Micheline se dirige alors vers la coiffure, profession qu'elle exercera, comme apprentie dès l'âge de 12 ans, tout en restant habiter chez ses parents.
Puis vient la guerre, l'exode sur Toulouse de triste mémoire et le retour dans la ville de Rouen occupée, bientôt bombardée, dans la boulangerie réquisitionnée. C'est depuis cette époque que Micheline a peur des orages et des éclairs.
La paix retrouvée, en 1946, Micheline, qui n'a pas encore 20 ans, fait la connaissance d'André. Celui-ci, comme par hasard, vient justement de plus en plus souvent visiter sa famille rouennaise juste en face de la boulangerie.
Mais qui est cet André Pessiot qui tourne autour de notre petite Micheline ?
Il est de cinq ans plus âgé, né le 9 décembre 1922 à La Guerche dans le Cher. Son père est mécanicien à la SNCF sur les lignes du PLM. Il habitera à Vauzelles, près de Nevers, une ville qui comme Sotteville abrite un important atelier de réparation ferroviaire.
Comme Micheline, et comme c'était le cas le plus souvent à cette époque, André a commencé à travailler dès 11 ans, certificat d'études en poche. Il démarre dans la vie active comme apprenti dans un garage à Nevers, puis passe rapidement son brevet de soudeur autogène et électrique, une spécialité qui sera fort appréciée après guerre quand il s'agira de tout reconstruire.
Lorsque la guerre éclate, André qui auparavant avait travaillé dans une usine aéronautique, s'engage pour 3 ans dans l'armée de l'air. Menacé de STO en 43, il entre en clandestinité dans la Résistance, comme agent de liaison jusqu'en 45.
A la Libération, il monte à Paris où se trouve une partie de sa famille dans la presse notamment et trouve un emploi aux Messageries parisiennes de presses, les actuelles NMPP.
André, à cette époque vient assez souvent à Rouen où il a également de la famille et notamment M et Mme Viel qui habitent juste en face de la boulangerie Aubé. Et c'est lors de l'une de ses escapades rouennaises qu'André remarque la fille du boulanger !
Je te plais, tu me plais, veux-tu venir avec moi à la Saint-Romain ? et hop un tour de "Star" et c'est parti. Les fiançailles sont prononcées en 1947 et le mariage, dont nous fêtons les cinquante ans aujourd'hui, se déroule le 12 avril 1948, en mairie de Rouen en présence de l'adjoint au maire Georges Néel, bien connu à Sotteville puisque c'est lui qui avant- guerre écrivait la plupart des spectacles-revues donnés place Voltaire à l'Eldorado.
Les jeunes époux décident dans un premier temps de vivre à Paris, où ils trouvent facilement du travail tous les deux et où ils louent un petit appartement, rue Richer, tout près des Folies Bergère.
Mais cet exil parisien n'était pas du goût de Madame Belle-mère ! Celle-ci, pour faire revenir sa fille auprès d'elle, lui trouve un salon de coiffure à racheter et lui avance l'argent. Ce salon de coiffure se trouve à Sotteville, place Voltaire, à l'angle des rues de la République et Garibaldi. Un salon de coiffure, qui pour la petite histoire a appartenu auparavant au peintre Griboval, bien connu à Sotteville et dans la région rouennaise.
Amoureux et bon prince, André suit son épouse à Rouen où il trouve, là encore, facilement du travail (les temps ont changés) comme soudeur et c'est ainsi qu'il participera à la reconstruction du pont Corneille, dont il se plaît à dire "qu'il en a soudé l'âme".
Dès leur retour à Rouen le couple s'installe 27bis rue Armand Barbès à Sotteville, une maison simple mais avec un jardin bien agréable, où ils vivent toujours aujourd'hui.
Tout naturellement les enfants arrivent. Guy tout d'abord en mai 49 et Patricia ensuite en octobre 1954. Une seconde naissance à partir de laquelle Micheline arrête de travailler. Guy et Patricia fréquentent Michelet et Renan, puis d'autres établissements de la région rouennaise.
André a fait le tour de la soudure et s'intéresse désormais à l'assurance profession qu'il exercera une quinzaine d'années tout d'abord à l'Urbaine et la Seine à Rouen, puis comme agent général de la Winterthur, à son domicile de la rue Armand Barbés.
La société Normandie Propreté de Grand-Quevilly recherche un directeur technique. André saisie l'occasion, ce sera son dernier employeur jusqu'à l'âge d'une retraite comme on dis bien méritée.
Nous fêtons un couple unis, resté fidèle à Sotteville, fidèles aux commerçants de la place Voltaire, fidèles aux activités de la Maison pour tous, fidèles au repas annuel des anciens.
Un couple riche de leurs enfants et leur petits enfants
Guy et Patricia en première génération
Laetitia, Tristan, Romain, Bérangère, Antoine et Louis en seconde.
La relève est là.

1 Comments:

Blogger D-D J-P said...

Bonjour M. Pessiot

j' ai bien connu la boulangerie de vos grand-parents,j'habitais chez ma grand'mère rue d' Elbeuf.
Je cherche une photo(s) depuis la disparition de la rue Masséot Abaquesne. Partager avec vous une photo de votre cadre familial me serais très agréable.
Merci par avance,mes salutations.
Jean-Pierre
jeany30@orange.fr

17/7/13 18:23  

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